mercredi , février 19 2020

Agüero a dépassé Henry mais où le situer dans le panthéon anglais ?

« Je me suis juste dit ‘cadre, frappe aussi fort que tu peux, mais cadre’« . Vous savez désormais ce qu’il se passe dans la tête d’un grand joueur, à quelques secondes d’un des buts les plus importants de la décennie football passée.

Le 13 mai 2012, Sergio Agüero entrait dans la légende de la Premier League par la grande porte, s’engouffrant avant que celle-ci ne se referme, au bout d’un temps additionnel étouffant pour une ville de Manchester divisée entre ses Red Devils et ses Skyblues. United est à terre, City prend le pouvoir.

Ce « Agüerooooooo » lâché par Martin Tyler, commentateur pour Sky Sports, est éternel. Comme la faim de buts de l’Argentin. Ce dimanche, « el Kun » a dépassé Thierry Henry au nombre de pions marqués outre-Manche. 177, un chiffre à donner le vertige. Le même total qu’une autre légende, Frank Lampard. Pourtant, Agüero reste encore loin de ces monstres sacrés.

Sa prouesse statistique est à la hauteur de sa discrétion médiatique. De quoi sous-estimer ce fantastique buteur ? Probablement un peu. Car Agüero fait assurément partie des cinq meilleurs avant-centres de la décennie. Assurément l’un des meilleurs passés par la Premier League. L’un des plus forts, oui, mais pas l’un des plus marquants.

Le symbole de City, c’est Guardiola

Hormis son but mythique contre QPR, quel est le premier souvenir qui vous vient à l’esprit ? Vous ne trouvez pas ? C’est normal. Agüero, c’est le buteur clinique, impeccable, intelligent et ultra-régulier. Mais ce n’est pas l’icône footballistique. « Pour être franchement honnête, je n’ai aucun moment iconique en tête« , confirme Marcus Foley, collègue d’Eurosport en Angleterre.

Pourquoi Agüero ne sera probablement pas au niveau d’Henry ? Parce qu’il n’incarne personne d’autre que ce fantastique buteur. L’homme emblématique de City aujourd’hui, c’est Guardiola. Le symbole des Invincibles, le talisman même, c’est ce numéro 14 mythique, qui trône encore à l’entrée de l’Emirates. La statue, pour le Kun, on est encore loin.

Même à l’échelle du club mancunien, se faire une place au soleil n’est pas évident. Arrivé en 2011, il incarne la deuxième vague de recrues stars du club mancunien. Forcément, dans l’imaginaire collectif, les mythes Vincent Kompany, Yaya Touré voire David Silva sont les vrais pionniers de « l’aventure » citizen. Les guillemets sont de rigueur car malgré la fidélité incroyable de ceux-là, le romantisme a du mal à prendre le dessus dans l’histoire.

Sergio Agüero et Yaya Touré

Sergio Agüero et Yaya TouréGetty Images

Agüero est aussi victime de son époque

Lorsque l’on parle de Manchester City, difficile d’avoir les poils qui se dressent. Car comme les nouveaux riches, les Citizens sont arrivés très haut très vite par la force du portefeuille. Il ne faut surtout pas négliger l’ascension éclair du club, porté par Roberto Mancini, Manuel Pellegrini et métamorphosé par Guardiola. Mais, question d’époque aussi, succomber totalement au charme des Skyblues reviendrait à s’aveugler partiellement quant à la construction de cette super team forcément dominante.

Ce n’est pas de son fait, mais Agüero ne vient pas de ce foot-là. Il est « simplement » un buteur fantastique. C’est déjà énorme. Mais c’est insuffisant pour marquer durablement les esprits. Tout le paradoxe du Kun est là : on se souviendra éternellement d’un seul de ses buts. Quitte à oublier un peu trop les 176 autres.

Vidéo – Guardiola : « Agüero mourra en marquant des buts »

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