lundi , août 19 2019

Bale-Zidane, aux origines du malaise

Désormais, la guerre est publique. Entre Zinédine Zidane et Gareth Bale, quelque chose s’est rompu définitivement dimanche, à Houston. Laissé de côté pour affronter le Bayern Munich, le Gallois a vu son entraîneur expliquer ouvertement qu’il était en instance de départ. « Nous allons voir ce qui se passe dans les prochains jours, avait-il expliqué face aux journalistes. Cela pourrait intervenir dès demain [lundi, NDLR]. Si c’est le cas, ce sera pour le mieux. Espérons, pour le bien de tous, que cela arrive bientôt« .

Réplique cinglante de l’agent du joueur : « Zidane est une honte, s’est emporté Jonathan Barrett. Il ne montre aucun respect à un joueur qui a tant apporté au Real Madrid« .

Il paraît qu’il vaut mieux laver son linge sale en famille. Vu comme ça, difficile de considérer le Gallois comme un membre encore à part entière de la fratrie merengue. Cette guerre des mots n’est que le dernier épisode, symbolique, de la relation unissant l’entraîneur français à la star galloise. Pourtant, tout n’a pas toujours été comme ça…

«  Derrière Messi et Ronaldo, c’est le footballeur qui m’impressionne le plus« 

2013. Sur le point de devenir l’adjoint de Carlo Ancelotti sur le banc madrilène et après avoir essayé différents costumes depuis son retour au club en 2009, Zidane insiste pour recruter la nouvelle sensation du football mondial : Gareth Bale, l’ailier supersonique de Tottenham qui vient d’être élu meilleur joueur de Premier League. Avec 21 pions en championnat, le Gallois de 24 ans s’apprête à franchir un cap.

Gareth Bale salue Zinedine Zidane en 2013

Gareth Bale salue Zinedine Zidane en 2013Getty Images

L’histoire est bien partie et va même durer. Si la BBC naît sous Carlo Ancelotti, dans son rôle d’adjoint, Zidane n’est jamais loin. Les soubresauts madrilènes éloignent temporairement les deux hommes qui ne travaillent plus au quotidien ensemble. Tout va changer en 2016. Le 4 janvier, ZZ prend en main la destinée de la Casa Blanca.

Une BBC relancée et puis les blessures…

Choyé par Rafael Benitez, le Gallois prend d’abord peur après la nomination du Français. Mais, en jeune manager pas si naïf, Zidane va d’abord s’évertuer à calmer l’incendie alors que la presse britannique titre déjà sur un éventuel retour en Premier League. Pour sa première conférence de presse, ZZ dévoile ses intentions quant au gaucher.

« Je comprends bien que Gareth puisse être mal à l’aise avec le renvoi de Rafa Benitez mais je vais lui donner la même attention, explique alors le nouveau patron madrilène. Il est indispensable à l’équipe, ce qu’il a fait sur le terrain dernièrement était fantastique« . Des paroles aux actes, il n’y a qu’un pas.

Pour son premier mandat, Zidane va s’évertuer à redonner vie à une BBC qui avait perdu de son éclat. Avec l’incorporation de Casemiro en sentinelle, ce nouveau souffle du trio sera l’une des clés du changement impulsé par le Français. Pour finalement porter le Real sur le toit de l’Europe six mois plus tard. Bale est de la partie et savoure lui aussi son retour au sommet qui l’emmènera vers un Euro de gala. Pourtant, quelque chose va finir par se rompre entre les deux.

Zinedine Zidane et Gareth Bale à l'entraînement

Zinedine Zidane et Gareth Bale à l’entraînementGetty Images

Le premier épisode de tension entre les deux hommes remonte au mois d’avril 2017. Déjà riche en blessure, la saison du Gallois va virer au comique face au FC Barcelone. Touché au mollet droit quelques semaines plus tôt, Bale force son retour contre l’avis des médecins pour participer au Clasico face au Barça. Résultat ? Une prestation indigente et un remplacement dès la 35e minute de jeu. Clairement, il n’était pas prêt. En conférence de presse, Zidane met déjà en cause son joueur : « Lui m’avait dit qu’il était bien ».

Cardiff, déjà le point final

La saison 2016-2017 du joueur vire rapidement au calvaire. 27 petits matches pour neuf buts. Et une humiliation finale. En son absence, Zidane a donné les clés du jeu à Isco, passant du 4-3-3 à un 4-4-2 hybride. Le profil du numéro 11 madrilène, fantastique ailier, ne joue pas en sa faveur. Il n’empêche, Bale espère jouer la finale de C1. « Sa » finale, chez lui, à Cardiff, face à la Juventus histoire de revenir en trombe sur le devant de la scène. C’est depuis le banc et dans le rôle d’un second couteau qu’il assiste au deuxième sacre madrilène.

Le retour en grâce d’Isco, la poussée de croissance de Marco Asensio et Lucas Vazquez et son salaire mirobolant le poussent clairement vers la sortie. Mais avec une prolongation à prix d’or signée en octobre 2016, difficile de trouver des candidats sérieux pour l’accueillir. D’autant que Florentino Pérez, lui, croit encore à la possibilité d’un Gallois star de l’équipe merengue.

La suite ne va pas changer grand-chose. Dans un Real en pleine déprime nationale, Bale continue de cultiver sa différence. Peu investi dans le vestiaire, ne maîtrisant toujours pas l’espagnol, le Gallois rechigne à s’intégrer. Pas de nature à pousser Zidane à plus l’utiliser. D’incontournable, il devient supersub. C’est dans ce rôle qu’il permet à la Casa Blanca de remporter sa troisième C1 de suite, sur deux coups de patte dont il a le secret, dont une bicyclette encore dans toutes les mémoires.

La bicyclette de Bale face à Liverpool

La bicyclette de Bale face à LiverpoolGetty Images

Divorce inéluctable mais impossible ?

Malgré cette résurrection inattendue, Bale s’attend à partir. Pour lui désormais, impossible de cohabiter avec ZZ. C’est d’un œil agréablement surpris qu’il accueille ainsi le départ surprise du technicien français. Ainsi, lorsqu’il est interrogé en septembre dernier sur l’apport de Julen Lopetegui par rapport à Zidane, il lâche une phrase pleine de sens : « Lopetegui meilleur que Zidane ? Je ne suis pas sûr de vouloir répondre à cette question (…) Le fait que Lopetegui parle anglais aide davantage. Je peux également parler en espagnol, mais je ne peux pas entrer dans les détails dont moi j’ai besoin« .

Alors le retour du messie Zidane en mars dernier, neuf mois après son départ, ne ravit pas le Gallois. La dernière sortie du Français non plus. Car, nanti d’un joli contrat, Bale n’imagine pas mégoter sur ses émoluments. Or, à ce jour, aucun grand club n’est prêt à prendre le risque financier de le signer. Le divorce paraît inéluctable mais pour l’instant impossible. A moins qu’un club chinois ou un invité surprise vienne décanter l’affaire. Car imaginer Zidane et Bale à nouveau cohabiter ressemble désormais à une chimère.

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