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Cinq ans et demi pour quoi faire ? Pogba et Manchester, relation trouble et troublée

C’est le 2 novembre qu’on a vu Paul Pogba sous le maillot de Manchester United pour la dernière fois cette saison, dans un 2-2 sans gloire contre l’Atalanta en Ligue des Champions; et ce n’est pas encore ce weekend qu’on le reverra. La blessure à la cuisse dont il fut victime lors du dernier rassemblement des Bleus, une semaine après le nul de MU face au club italien, ne s’est toujours pas résorbée, et ce n’est pas avant la mi-février au plus tôt qu’il fera son retour – si tant est, bien sûr, que Ralph Rangnick veuille de lui, ce qui n’est pas acquis.

Irrité d’avoir vu son numéro 6 faire une partie de sa convalescence à Dubaï, le nouvel entraîneur de United n’avait pas été des plus encourageants lorsqu’il s’était exprimé sur l’avenir immédiat de l’ex- joueur le plus cher du monde. « Je lui ai parlé quinze minutes au téléphone« , avait dit Rangnick à la mi-décembre. « Laissons-le revenir, retrouver sa condition physique, s’entraîner avec le groupe et nous verrons alors, en fonction de la façon dont l’équipe se sera développée depuis [son absence] ».

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Je ne dirais pas qu’il ne vaut pas la peine qu’on le garde, mais

On dira qu’au vu des performances moins que convaincantes des Red Devils ces dernières semaines, ce ‘développement’ s’est fait attendre, et que rappeler le footballeur qui avait si bien entamé sa saison avec les Mancuniens – huit passes décisives lors des quatre premières journées de championnat – ne serait pas un pari si risqué que cela. Même si l’on a un peu de mal à concevoir comment exactement Rangnick pourrait intégrer le Français au 4-2-2-2 qu’il a choisi comme système pour son nouveau club et même si certains autres de ses commentaires n’inspirent pas l’optimisme quant à une éventuelle prolongation de contrat du joueur dont le bail parvient à son terme ce 30 juin.

« Je ne dirais pas qu’il ne vaut pas la peine qu’on le garde, mais, bien sûr, les joueurs doivent vouloir rester et jouer pour un club, [surtout] pour un grand club comme Manchester United« , dit-il. « Si un joueur ne veut pas jouer pour un club comme Manchester United à moyen ou long terme, je ne crois pas que ça aie du sens de le convaincre de changer d’avis« .

Paul Pogba

Crédit: Getty Images

Bref, si le manager a changé, on n’en dira pas de même pour ce qui est de la relation entre Pogba et le club dont il partit adolescent pour revenir adulte, une relation toujours aussi trouble, et troublée, au point qu’on peut se demander si les cinq années et demi que le joueur, qui se rêvait Ballon d’Or, a passées à Old Trafford depuis son retour, en 2016, n’auront pas été un énorme gâchis pour lui. On peut être champion du monde et, malgré cela, donner le sentiment d’être passé à côté de sa carrière. N’oublions pas que Pogba entrera dans sa trentième année ce 15 mars. Le temps presse.

Fragilité presque incompréhensible

Il presse d’autant plus que le magnifique athlète que l’on sait est aussi d’une fragilité presque incompréhensible – un aspect quasiment jamais évoqué du « débat » qui l’entoure en permanence, alors qu’il pourrait bien constituer le noeud du problème, certainement en ce qui concerne l’inconstance de ses performances avec Manchester United. Ceux qui détestent Pogba s’en prennent autant à la couleur dont il choisit de teindre ses cheveux (ce qui, pour certains, est aussi une façon de s’en prendre à la couleur de sa peau) qu’à ses moments d’absence dans les replis défensifs. Ceux qui le défendent s’en prennent à l’incurie du régime en place à Old Trafford, et choisissent d’ignorer ce que son comportement peut avoir de clivant, et ce que les frustrations qu’il fait naître peuvent avoir de légitime. Ce que les deux camps oublient est que le premier ennemi de Pogba est son propre corps.

Ce n’était pas vraiment un souci du temps qu’il était à la Juve, où il ne manqua que onze matches sur blessure en quatre ans, tous en 2013-14, sortant des trois autres parfaitement indemne. Il en est allé – il en va – tout autrement à United, où quatre de ses six saisons, dont la présente, ont été perturbées, voire gâchées par une série d’élongations, froissements, déchirures et autres lésions. Au total, ces blessures lui auront fait manquer 81 matches des Red Devils depuis son retour à Manchester l’été 2016, dont 79 depuis le 1er avril 2017 (*). Quatre-vingt-un matches.

Pogba

Crédit: Getty Images

Certes, tout le monde ne peut pas être Bruno Fernandes, dont l’addition du nombre de rencontres manquées pour cause de pépin physique depuis la même date est vite faite : zéro. Mais 81, tout de même…le chiffre est effarant, sans commune mesure avec les problèmes physiques qu’ont pu connaître ses coéquipiers de United – ou ce qu’ont vécu d’autres milieux de terrain réputés ‘fragiles’ comme Kevin de Bruyne, N’Golo Kanté et Jordan Henderson, lesquels ont respectivement manqué 46, 47 et 52 matches pour Manchester City, Chelsea et Liverpool durant la même période (*). Ces trois-là, dont le jeu est d’ailleurs bien plus explosif et exigeant sur le plan physique que celui du Red Devil, sont loin du compte, un compte qui est d’autant plus inquiétant qu’aucune des blessures de Pogba n’était consécutive à un impact ou à une rupture des ligaments.

Premier problème, la fragilité de son corps

Qui plus est, on pouvait difficilement les associer à un surmenage imposé par un ou des entraîneurs qui l’auraient fait jouer dans la ‘zone rouge’. En 2017-18 comme en 2019-20, sa saison fut stoppée après une demi-douzaine de rencontres seulement, et, cette saison, il n’avait joué qu’un quart des deux matches de Premier League qui précédèrent sa blessure.

On ne peut pas non plus incriminer le staff médical de Manchester United, dans la mesure où ces problèmes musculaires n’ont pas affecté d’autres de leurs joueurs comme ils ont affecté Pogba, à la différence de ce qu’on avait pu voir à Arsenal, par exemple, où, pendant un temps, les joueurs d’Arsène Wenger semblaient prendre le relais à l’infirmerie pour des blessures du même type.

Aussi doit-on considérer autrement la trajectoire de Paul Pogba à Manchester United, et accepter que cette succession permanente de hauts et de bas doit peut-être davantage à la fragilité de son corps qu’à quelque autre facteur; et quand on fait le compte des frustrations que sa carrière a fait naître, nulle n’est peut-être plus rageante que celle-là.

(*) Pogba fut également indisponible pour 21 matches de l’équipe de France pendant cette période, toujours pour cause de blessure.

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