mercredi , février 19 2020

Des trous noirs, une trouvaille et un ouragan : 2019, année contrastée

Voilà, c’est fini et personne n’en gardera un immense souvenir. L’année 2019 des Bleus s’est achevée en Albanie, assez joliment d’ailleurs, et elle ne laissera pas une trace légendaire dans leur histoire. C’est le lot des années impaires. Celle-ci s’est bien terminée avec une qualification et une première place. Mais elle restera traversée par d’inattendus soubresauts qui ternissent la photo d’ensemble. Les champions du monde ont connu des trous noirs. Le plus spectaculaire d’entre eux, à Konya, au cœur du mois de juin pour une défaite humiliante (2-0) qui aurait pu s’achever par une correction sans un très bon Hugo Lloris. Les hommes de Didier Deschamps auront tout de même pris une leçon d’engagement et de dévouement au maillot en Anatolie centrale.

La Turquie est venue arracher un point au Stade de France quelques mois plus tard (1-1) et la façon dont les Bleus ont perdu leur duel en deux temps face à la 32e nation mondiale rappelle que, deuxième étoile ou non, la France, si elle arrive souvent à ses fins, emprunte des chemins de traverse en qualifications. La fin d’année et les derniers rassemblements d’octobre et novembre ont laissé s’envoler la magie de la rentrée ou du mois de mars en proposant des prestations franchement moyennes et inabouties. La victoire étriquée face à la Moldavie (2-1), 175e nation mondiale, a relancé la thèse d’une baisse significative du niveau des champions du monde.

Burak Yilmaz et Olivier Giroud lors de Turquie - France

Burak Yilmaz et Olivier Giroud lors de Turquie – FranceGetty Images

Deschamps n’a jamais pu aligner son onze type

Impossible d’être si catégorique. D’abord parce qu’être moyen en qualifications et efficace en compétition officielle, c’est l’ADN de l’équipe de France en général et celui de Didier Deschamps en particulier. Ensuite parce que les champions du monde ont souvent été amputés de leur colonne vertébrale. Les absents longue durée ont été nombreux parmi les piliers du groupe (Hernandez, Lloris, Pogba, Mbappé, Kanté, Matuidi) à des périodes différentes et Deschamps n’a jamais pu aligner son équipe type cette année ce qui réduit fatalement la portée des jugements définitifs. Ces derniers mois, l’animation offensive a souffert mais, privé de Pogba, elle a perdu un de ses cerveaux de Moscou.

Lucas Digne face à la Moldavie

Lucas Digne face à la MoldavieGetty Images

Et puisqu’il faut bien combler les vides, ces absences ont profité à des têtes nouvelles ou bien connues. Si Hernandez reste le taulier au poste d’arrière gauche, Lucas Digne a offert un intérim bien plus qu’efficace et a pris la main dans la course à l’Euro pour jouer les doublures. Même constat pour Léo Dubois de l’autre côté de la défense. Tanguy Ndombele, en juin, a pris rendez-vous et Moussa Sissoko s’est rappelé au bon souvenir de ceux qui l’avaient oublié en cas de défection des incontournables du milieu (Pogba, Kanté, Matuidi, Tolisso). 2019 a retouché à la marge un groupe déjà bien établi mais il a aussi offert deux vrais bouleversements.

Le tube Lenglet, l’ouragan Coman, le MVP Griezmann

Le premier, et le plus important d’entre eux : cette année a installé un nouveau titulaire, le seul à se faire une place parmi les onze finalistes de Moscou. En sept mois, Clément Lenglet a découvert les Bleus et pris la place de Samuel Umtiti qu’il domine aussi en club, à Barcelone. Malgré son énorme boulette face à la Moldavie, l’ancien Nancéien n’a pas grand-chose à craindre. Coman, lui, est aux portes du onze. Tube de la rentrée, intenable à gauche ou à droite, le Munichois a signé un retour fulgurant à Clairefontaine. Derrière l’intouchable trio Giroud, Mbappé, Griezmann, Coman se tient prêt. Si son physique le laisse tranquille, il faudra compter avec lui en juin prochain.

Comme sur Antoine Griezmann, bien sûr. Lui a participé aux onze sorties des Bleus et s’il fallait élire le MVP de cette année 2019, le néo-Barcelonais n’aurait absolument aucun concurrent à sa hauteur. En dépit de onze mois très moyens à Madrid puis Barcelone, Griezmann a rappelé tout au long de la saison qu’il restait le patron de la sélection. Personne n’a autant d’influence que lui sur le jeu et les résultats. Et ses deux matches ratés (en Turquie et face à la Moldavie) coïncident avec les deux trous d’air des Bleus. Aujourd’hui, plus que jamais, cette équipe est celle de Griezmann, 2019 a retardé la prise de pouvoir d’un Mbappé inconstant sous le maillot bleu. 2020 racontera peut-être une autre vérité et nous fera sans doute très vite oublier cette année contrastée.

La joie d'Antoine Griezmann et Clément Lenglet face à Andorre

La joie d’Antoine Griezmann et Clément Lenglet face à AndorreGetty Images

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