mardi , novembre 19 2019

Foot – Eco – Quand les économistes anticipent (ou pas) les résultats

Foot Eco

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En s’appuyant sur les corrélations entre le budget des clubs ou leurs performances dans le jeu et leur classement final, il est possible de se livrer au petit jeu des pronostics. Des économistes s’y sont risqué cette saison.

Football - Jean Le Bail - Nîmes a déjoué le pronostic économique : dernier budget et 9e du classement. ( /) A.Martin L'Equipe

Nîmes a déjoué le pronostic économique : dernier budget et 9e du classement. ( /) A.Martin L’Equipe

En Ligue 1, la corrélation entre les classements budgétaire et sportif est la plupart du temps très forte, en particulier pour les plus gros budgets. La saison dernière (2017-2018), les quatre clubs les plus riches – PSG (560 M€ de budget), Monaco (125 M€), Lyon (290 M€) et Marseille (145 M€) – avaient fini, dans cet ordre, aux quatre premières places. Cette règle générale se vérifie dans le temps, mais il existe des exceptions.

Entre 2003 et 2017, les économistes du sport Luc Arrondel et Richard Duhautois (L’Argent du Football, Cepremap, juin 2018) ont calculé que près de 77 % du classement d’un club était déterminé par son budget. Cette corrélation était un peu moins forte en 2017-2018 (71 %) et beaucoup moins forte cette saison : 41 %.

Surprises de haut en bas

En 2017-2018, le pourcentage de corrélation se situait légèrement en dessous de la moyenne des quinze saisons précédentes en raison notamment d’une « surprise » dans la seconde partie du tableau : avant-dernier budget du plateau (30 M€ environ), Amiens avait terminé à la 13e place.

Cette saison, les classements inattendus (du point de vue budgétaire) ont concerné aussi bien le bas que le haut de la hiérarchie économique puisque Monaco, troisième club le plus fortuné du plateau, a terminé à une piteuse 17e place, tandis que le Petit Poucet budgétaire, Nîmes, a sur-performé en terminant neuvième. En haut de classement, Lille, deuxième avec le 5e budget, et à un degré moindre Saint-Étienne, quatrième avec le 6e, ont aussi sur-performé.

Ni Liverpool ni Dortmund

Si le budget d’un club donne, en général, une bonne idée de son classement final, sa qualité de jeu est tout aussi prédictive. Le CIES-Observatoire du football l’a démontré cette année en expliquant dès la mi-saison que ni Liverpool ni le Borussia Dortmund, pourtant leaders à cette époque en Premier League et en Bundesliga, ne seraient champions en mai, à l’inverse du FC Barcelone et de la Juventus Turin, également classés premiers début 2019 en Liga et en Serie A et que les chercheurs suisses ont « vu », à raison finalement, titrés.

Pour faire cette projection a priori plutôt risquée (Liverpool et Dortmund comptaient respectivement sept et six points d’avance sur les futurs champions, Manchester City et Bayern Munich), les économistes du CIES ont déterminé le nombre de points en plus, ou en moins, que les clubs auraient dû obtenir lors de la première partie de saison en fonction de critères comme les tirs cadrés, la possession de balle et les tirs concédés depuis leur surface (en prenant comme point de comparaison les saisons 2016-2017 et 2017-2018), et ils ont projeté les résultats obtenus sur la seconde partie de saison.

Il en résultait que Liverpool et le Borussia Dortmund avaient sur-performé (obtenu davantage de points que leurs statistiques sportives ne le suggéraient), alors que Manchester City et le Bayern Munich, au contraire, auraient pu espérer mieux.

Lyon déjoue le pronostic

Ce même modèle a moins bien fonctionné en Ligue 1. Les chercheurs de Neuchâtel ont bien relevé que Caen, 16e après la 19e journée et finalement relégué (19e), avait obtenu sensiblement plus de points que sa qualité de jeu ne lui assignait. À l’inverse, ils ont observé que Lyon, troisième à un point de Lille à l’époque, avait sous-performé par rapport au jeu développé, alors que le LOSC avait au contraire sur-performé, et ils en ont logiquement déduit que l’OL avait l’avantage dans la course à la deuxième place directement qualificative pour la Ligue des champions derrière le PSG…

L’équipe de Raffaele Poli a toutefois eu raison sur un point – mais sans le savoir : Lyon, bien que finalement troisième à trois longueurs du LOSC, s’est bien qualifié directement pour la prochaine C1… à la faveur de la victoire de Chelsea en finale de la Ligue Europa, mercredi sur Arsenal.

J. LB.

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