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Insultes, « ennemi public numéro un » et revanche : Conte veut envoyer la Juve en enfer

Antonio Conte et la Juventus Turin se déchirent probablement autant qu’ils se sont aimés. Le mode d’emploi pour en arriver à un tel point de haine ? Du classique : l’amour, la fidélité, les retrouvailles, les problèmes, le froid… et la trahison. Il y a d’abord eu la belle histoire du terrain, bouclée avec 15 trophées en 13 saisons de 1991 et 2004. Puis celle du banc, lorsque l’ancien milieu, à la fin mai 2011, est nommé entraîneur d’une Vieille Dame alors au plus mal. En l’espace d’une saison, Conte fait des miracles et la ramène au sommet de l’Italie. Elle y restera neuf ans. Lors de l’été 2014, les premiers désaccords avec Andrea Agnelli, son président, notamment sur le mercato à réaliser. Le technicien annonce son départ précipité et claque la porte du jour au lendemain. Depuis, les deux hommes ne s’adressent presque plus la parole. Encore moins depuis que l’ancien international italien a rejoint l’Inter Milan en 2019, considérée comme le grand ennemi du côté de Turin. Autant dire que l’amour s’est définitivement effacé, laissant place à une haine qui a fini par exploser le 9 février dernier.

La Juve et l’Inter ont alors rendez-vous pour la demi-finale retour de Coupe d’Italie à l’Allianz Stadium de Turin. Le match est attendu et tendu, sur la pelouse comme en dehors. La rupture éclate aux yeux de tous : Antonio Conte et Andrea Agnelli sont filmés proférant des insultes, accompagnées d’un doigt d’honneur pour le premier. Le deuxième, lui, ne se fait pas prier en fin de match. En descendant des tribunes, il lance des noms d’oiseaux en direction du banc. Interrogé après le match, Conte détonne : « Il faudrait être mieux éduqué et avoir davantage de respect« . Le week-end suivant, il décide de s’excuser pour son geste. Sa revanche, il veut la prendre sur le terrain. Comment ? En remportant le scudetto avec l’Inter. Et mettre fin, paradoxalement, à une hégémonie démarrée sous ses ordres.

Serie A

La Juve s’accroche

12/05/2021 À 21:04

Pire cauchemar

« Ce n’est pas seulement l’Inter qui ne gagne pas depuis 10 ans, mais aussi la même équipe qui règne depuis 9 ans. Et ce serait très beau si c’était nous qui renversions ce règne« , lâche-t-il le 7 avril dernier. C’est chose faite un mois plus tard. Conte savoure. « Il faut rendre les honneurs à une domination qui tombe après autant de temps, mais aussi à l’équipe qui a mis fin à ce règne« , confie-t-il quelques jours plus tard à la chaîne Canale 5. Certains imaginent le travail terminé. L’Inter a gagné, Conte a triomphé, la Juve est tombée. Mais le natif de Lecce a la rancoeur tenace. Quitte à faire chuter son ancienne équipe, autant que ce soit dans le ravin. Et si possible bien profond.

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En grande difficulté, l’équipe d’Andrea Pirlo est en effet au bord du précipice. En plus du titre, elle pourrait bien perdre son ticket pour la Ligue des champions. Actuellement cinquièmes, les Bianconeri n’ont plus leur destin en main. Les voilà condamnés à prier pour que l’une des trois équipes devant (l’Atalanta et Milan ont 3 points d’avance, Naples un seul) fasse un faux pas lors des deux dernières rencontres. A condition, évidemment, de faire un sans faute de leur côté. Problème, devinez qui arrive samedi à l’Allianz Stadium samedi, à 18h ? L’Inter de Conte, bien évidemment. Comme une mauvaise blague du destin. « Le pire cauchemar risque de devenir réalité pour la Juve« , écrivait la Repubblica vendredi. Pour les Nerazzurri et leur entraîneur, c’est une occasion en or de porter le coup fatal à leur proie.

Coup fatal

Selon les médias transalpins, une éventuelle non-qualification de la Juve en C1 impacterait les finances de la Juve à hauteur de 90 millions d’euros. Les sponsors pourraient également toquer à la porte des dirigeants piémontais. Exemple : dans son contrat avec Jeep (estimé à 45 millions d’euros), un malus de 2 millions d’euros a été fixé en cas de manquement à la compétition reine. Adidas a également prévu des « mécanismes de réduction de la part fixe » de son versement en cas de « non-participation à la Ligue des champions ou la Serie A« . « Les répercussions seraient très lourdes, surtout en cette période de pandémie« , écrivait La Gazzetta dello Sport. On parle de recettes estimées à 790 millions d’euros depuis 2012-2013 (…) Par exemple, la Juve a encaissé 82 millions d’euros cette saison malgré son élimination en huitièmes. » Un joli butin qui pourrait venir à manquer la saison prochaine.

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Elle aussi en proie à des difficultés économiques, l’Inter est probablement consciente des conséquences qu’un tel échec représenterait pour son adversaire, financières ou sportives. Pour le présent et (surtout) pour le futur proche. Sur le papier, le champion d’Italie millésime 2020-2021 n’a rien à gagner samedi. Mais en réalité, la donne est bien différente. La Juve espère limiter les dégâts ? L’Inter souhaite lui en causer encore plus. Beaucoup, beaucoup plus. Même chose pour Antonio Conte, qui retourne à l’Allianz Stadium pour la première fois depuis l’épisode du doigt d’honneur et des insultes. « Ce sera une tempête de sentiments pour lui (…) Il reste une légende de la Juve, mais il en est devenu l’ennemi public numéro un. La vie et le foot sont étranges…« , pouvait-on lire dans La Gazzetta dello Sport vendredi. Avoir fait passer l’Inter de -23 points en 2019 à + 16 sur la Juve aujourd’hui ne lui suffit pas. Preuve en est : il devrait d’ailleurs aligner son onze type face à son ancienne équipe ce week-end.

Marotta, moins de rancœur mais….

Lui aussi passé par la Juve, mais cette fois côté bureaux, Giuseppe Marotta a également rejoint l’ennemi interiste. Parti en octobre 2018 , l’actuel administrateur délégué du club lombard était considéré comme l’un des architectes des succès de la Vieille Dame. En huit ans, il y a gagné sept scudetti, quatre Coupes d’Italie ou encore trois Supercoupes. Sans compter les deux finales de Ligue des champions perdues. Si Antonio Conte s’est laissé convaincre par le projet de l’Inter il y a deux ans, il y est pour beaucoup. Un œil sur le sportif, l’autre sur les finances, Marotta est un touche-à-tout. Cette saison, il a gardé le cap malgré les difficultés économiques du groupe chinois Suning, actionnaire majoritaire du club lombard. Son rôle a été déterminant dans la quête du 19e scudetto. De quoi le faire regretter dans le Piémont ?

« La séparation ? C’était une volonté de la Juve, disait-il en octobre 2018. Il n’y avait pas de raison que je parte personnellement. Je me suis adapté à leurs idées et à leurs directives, par amour du peuple et de la Juventus elle-même. » A l’époque, Marotta avait lui aussi des désaccords avec certains dirigeants. En Italie, la légende dit qu’il n’était pas vraiment favorable à une arrivée de Cristiano Ronaldo, notamment pour les conséquences financières sur le long terme. Ce que l’intéressé a toujours démenti. Du moins officiellement…

Mais contrairement à Conte, le dirigeant de l’Inter n’a pas gardé que des mauvaises relations avec la Juve. Personne, d’ailleurs, ne considère son choix de carrière comme une trahison. Même s’il a pu surprendre à l’époque. Tout comme son entraîneur, Marotta aura toutefois à cœur de sceller le sort de la Juve. Plus pour des questions sportives que personnelles. Conscient que la saison à venir ne sera pas une partie de plaisir, le dirigeant lombard a pas mal de pain sur la planche. Entre les doutes de Conte, des économies à réaliser et un effectif à renforcer, l’été s’annonce chaud. Alors autant qu’il le soit aussi à Turin, non ?

Dans la journée de jeudi, l’Inter s’est amusée sur les réseaux sociaux du « clash » survenu mercredi lors du match face à l’AS Rome entre Lautaro Martinez, son attaquant, et Antonio Conte. Au centre d’entraînement, un ring de boxe improvisé, des gants pour les deux protagonistes et un Romelu Lukaku en version speaker. Ça, c’était pour la rigolade et l’auto-ironie, histoire de dégonfler une polémique mort-née. Mais lors du dernier match au Stadium, le décor était plus ou moins similaire. Samedi, il y aura du K.O dans l’air.

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