lundi , juin 1 2020

L’Angleterre triomphe sans gloire de l’Argentine


Angleterre 1-0 Argentine

But : Taylor (62e) pour les Three Lionesses

On ne sait pas si Diego Maradona était devant son poste pour voir ce classique du football international, mais si tel n’était pas le cas, le Pibe de Oro a manqué une sacrée leçon de courage donnée par ses compatriotes. Après avoir tenu les Japonaises en échec à Paris (0-0), l’Argentine s’est en effet présentée avec l’intention de ne faire aucun cadeau à l’Angleterre, laquelle n’avait besoin que d’une victoire afin de poinçonner son ticket pour les huitièmes. Mais les Lionnes de Phil Neville n’en ont pas non plus fait à leurs adversaires du soir et s’imposent par le plus petit des écarts, un score qui ne reflète pas leur écrasante domination.

Ah bah Bravo !

Malgré le retour du vétéran Carly Telford entre les perches, malgré l’absence de Millie Bright, touchée à l’épaule contre l’Écosse, malgré l’indisponibilité prolongée de Toni Duggan confirmée juste avant la rencontre et malgré la permutation opérée par Phil Neville entre Ellen White et Jodie Taylor à la pointe de l’attaque, les Anglaises démarrent de nouveau leur rencontre avec le statut de favorites et l’envie de vite faire le break, comme face aux Écossaises dimanche dernier à Nice. Mais dans la fraîcheur de la soirée du Havre, les Three Lionesses font rapidement connaissance avec cette solidité argentine qui avait surpris le Japon. Un chiffre ? 63% de possession, l’Angleterre étouffe l’Argentine dans sa surface. Un autre ? 436 passes complétées par les Lionnes, contre seulement 93 par les joueuses de l’Albiceleste. L’Argentine danse le tango avec l’Angleterre, mais à contretemps.
Comme lorsque Ruth Bravo vient faucher Alex Greenwood par derrière dans la surface (27e) et offre un penalty sur un plateau d’argent aux leaders du groupe D. Alors que Nikita Parris s’avance pour inscrire son deuxième pion d’affilée depuis le point des onze mètres, en face d’elle, Vanina Correa (35 ans) se rappelle à quel point elle revient de loin, à quel point ce Mondial français est la deuxième chance de sa vie. La gardienne avait été remplacée après l’humiliation concédée en 2007 face à l’Allemagne (11-0) et n’espérait sans doute pas tenir autant le coup avec une sélection dont la participation à cette Coupe du monde tient beaucoup du miracle. Alors, quand l’attaquante de Manchester City ouvre son pied et tire à mi-hauteur plutôt qu’à contre-pied, Vanina Correa bondit comme une panthère et vient claquer le ballon avec sa main ferme pour entretenir l’espoir de tout un peuple.

L’heure de vérité

En rentrant aux vestiaires, l’Angleterre doute, mais l’Argentine ne jubile pas pour autant. Les crampes de Ruth Bravo juste avant la pause et la nouvelle parade folle de Correa qui sort du bout du pied une frappe croisée de Bethany Mead (41e) sont autant de signes que les Pibas doivent proposer autre chose que de la résistance pour espérer ne pas perdre. Ironie du sort, c’est justement sur une contre-attaque que les Anglaises finissent par trouver la faille à l’heure de jeu : Mead centre côté gauche pour Jodie Taylor, laquelle n’a plus qu’à pousser le ballon au fond des filets sous le regard horrifié de Correa, battue (1-0, 62e).

Si la première mi-temps était à sens unique, que dire de la seconde, si ce n’est que l’Argentine n’aura pas réussi à tirer une seule fois au but et ne peut se consoler qu’avec l’existence d’un mince espoir de se qualifier, en cas de carton face à l’Écosse et d’un neuf sur neuf des Anglaises contre le Japon. Malgré les « It’s coming home, football’s coming home » qui accompagnent la retraite des 22 actrices, rien n’indique que la perfide Albion parviendra à faire mieux que les Three Lions en Russie. Il faudra pour cela se montrer capable de tuer plus rapidement un match. En attendant, une chose est déjà sûre : football is coming en huitièmes de finale.
Angleterre (4-3-3) : Telford – Bronze, Houghton, McManus, Greenwood – Scott, Kirby (Carney, 89e), Moore – Parris (Daly, 87e), Taylor, Mead (Stanway, 80e). Sélectionneur : Phil Neville.

Argentine (4-5-1) : Correa – Stabile, Cometti, Barroso, Sachs – Bonsegundo, Benítez (Santana, 77e), Mayorga, Bravo, Banini (Larroquette, 68e) – Jaimes (Oviedo, 90e). Sélectionneur : Carlos Borello.

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    Par Julien Duez

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