vendredi , février 21 2020

Lloris est devenu « Mister penalties » : « Quand il part, il ne part pas au hasard »

Ilkay Gundogan ce weekend, Sergio Agüero en avril, Pierre-Emerick Aubameyang en mars ou encore Jamie Vardy un mois plus tôt ! Tous ont connu la même mésaventure. Ils se sont présentés face à Hugo Lloris pour un face-à-face avec le même résultat à la clef : le portier des Bleus, devenu « Mister penalties », a repoussé leurs tentatives. Alors qu’on lui a longtemps reproché son manque d’efficacité dans le domaine, le natif de Nice s’impose aujourd’hui comme l’une des références en Premier League dans cet exercice si spécifique.

Une statistique pour s’en convaincre ? Aucun gardien n’a arrêté plus de penalties dans le championnat anglais depuis le début de la saison 2018-2019. Forcément, les raisons de cette évolution flagrante interrogent. « A-t-il pris conscience qu’il y avait un intérêt à travailler les penalties en amont des matches ? », se demande Christophe Lollichon, responsable du département des gardiens de but à Chelsea. « En tout cas manifestement, quand il part, il ne part pas au hasard« , constate encore l’ancien mentor de Petr Cech.

«  L’observation et la connaissance du tireur vous apportent des renseignements précieux « 

Dans cette remarque, il y a un constat : les penalties, ce n’est pas qu’une question de feeling. Certains gardiens ne s’appuient bien sûr que sur leur instinct avec une réussite évidente « comme Mickael Landreau » se rappelle Lollichon. Mais il y a des moyens de s’améliorer si ce n’est pas inné : en analysant en amont les comportements adverses. « L’observation et la connaissance du tireur vous apportent des renseignements précieux pour augmenter le pourcentage de chances de partir du bon côté car il y a des indices qui parlent », explique Christophe Lollichon, devenu expert dans le domaine.

Et s’il avoue qu’un « penalty très bien tiré est inarrêtable » et que certains tireurs « changent leur façon de frapper« , Lollichon glisse une anecdote pour donner du poids à son argumentation. « Si on gagne la finale de la Ligue des champions avec Chelsea (ndlr : en 2012 face au Bayern), c’est aussi à cause de ça. Petr (ndlr : Cech) est parti cinq fois du bon côté car on avait suffisamment d’informations pour pouvoir peser sur la séance« .

Alors Hugo Lloris est-il devenu friand de ce genre d’analyse ? C’est possible. S’il est évidemment ravi de cette évolution de son jeu, le Niçois ne s’étend cependant pas sur les raisons de sa transformation. En mars dernier, il avait quand même donné quelques ingrédients. « Je pense que le plus dur, c’est de rester simple dans sa démarche, avait-il reconnu dans L’Equipe. Il y a des gardiens qui y parviennent très bien, et moi, ce n’est pas le cas. Certains tireurs attendent le moindre mouvement du gardien, et le tout dernier moment. J’aimerais retarder un peu plus la décision du tireur, en général. »

Hugo Lloris

Hugo LlorisGetty Images

«  Le tireur a forcément plus de pression « 

Dimanche face à Ilkay Gundogan qui n’avait encore jamais manqué un penalty, il y est parfaitement parvenu en fournissant peu d’informations à l’international allemand. « Hugo n’a donné quasiment aucune indication à Gundogan », applaudit Lollichon. Mais si Lloris ne donne pas tous ses secrets, il y a une donnée connue qui peut aider à expliquer ces exploits récents. A force de briller dans cet exercice, le Français a pris un avantage dans la bataille psychologique avec le tireur adverse. « Quand vous êtes face à un garçon qui se montre efficace sur les penalties comme Micka (ndlr : Landreau) à Nantes ou Petr, le tireur a forcément plus de pression« , appuie Lollichon. « L’intérêt du gardien est alors de lui faire ressentir ça. De leur faire ressentir une sorte de sérénité qui va le troubler un peu. Ça a forcément un impact sur le tireur. »

Dans tous les cas, Hugo Lloris a passé un cap indéniable dans ce domaine. Il est aujourd’hui bien plus à l’aise quand un tireur se présente face à lui. Même s’il reste une circonstance où il a encore des choses à prouver : en équipe de France. Avec les Bleus, il a en effet encaissé les 14 derniers penalties auxquels il a fait face. Une disette qui est encore pointée du doigt. A sa décharge, il n’a eu que trois penalties en sélection dont la Panenka de Memphis Depay depuis trois ans et son renouveau dans cet exercice. En clair, il est difficile de le juger. Et sur ce qu’il montre à Tottenham, il n’y a pas de raisons que les Bleus ne profitent pas de ses nouveaux talents à un moment ou un autre…

A propos Eurosport.fr

Eurosport.fr
Eurosport est la première destination sportive en Europe, alimentant la passion des fans et les mettant en contact avec les plus grands événements sportifs du monde.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *