lundi , août 19 2019

Mendy : Ferland do Brasil

À l’été 1996, l’Inter se débarrasse de son latéral gauche brésilien acheté à Palmeiras un an plus tôt. Pas assez présent défensivement aux yeux de son coach Roy Hodgson, le feu follet auriverde rejoint alors le Real Madrid de Fabio Capello. Bonne pioche pour les Merengues, puisque le petit Roberto Carlos dynamite son couloir gauche grâce à une soif offensive inépuisable et des cuisses de catcheur nord-américain. Roi des déboulés à pleine vitesse et des boulets de canon, le Brésilien a été indéboulonnable pendant onze saisons, remportant trois C1 et quatre Liga. Après 69 buts et 88 passes décisives en plus de 500 matchs, il aurait pu laisser un sacré vide. Mais c’était compter sans Marcelo, aussitôt prêt à l’emploi car ultra offensif et insolent techniquement. Pendant douze saisons, il aura davantage arpenté la moitié de terrain adverse que la sienne, délivrant à son tour 90 passes décisives en quasiment 500 matchs avec le Real. À l’heure d’un potentiel départ du Brésilien de 31 ans, ce sont deux décennies de magie brésilienne qui vont quitter le flanc gauche de la défense madrilène. À moins que Ferland Mendy ne se fasse le digne successeur d’une tradition que Zidane aimerait perpétuer.

Un Marcelo peut en cacher un autre

Alors qu’il a vécu une douzième saison madrilène difficile, Marcelo pourrait avoir déjà fait ses adieux au public du stade Santiago-Bernabéu sans vraiment le savoir. Titularisé à seulement 23 reprises en Liga cette saison, le latéral de 31 ans est apparu quelque peu usé. Dans les grands matchs de fin de saison, Zinédine Zidane lui a parfois préféré Sergio Reguilón. Le jeune Espagnol a immédiatement saisi sa chance, au point de reléguer le Brésilien sur le bas-côté, alors qu’il reste adoré par l’entraîneur français. Si le contrat de Marcelo n’expire qu’à l’été 2022, personne ne sait si le natif de Rio de Janeiro sera encore merengue à la rentrée. Si Reguilón semble apprécié malgré une certaine banalité, la relève du Brésilien pourrait bien s’appeler Ferland Mendy, qui s’est engagé avec le Real contre 48 millions d’euros (plus cinq de bonus), les standards actuels pour s’offrir un latéral gauche français du nom de Mendy.

La cote de Mendy, international français depuis novembre 2018 et un match amical contre l’Uruguay, n’a cessé de grimper grâce à un niveau de jeu qui a vite impressionné les recruteurs étrangers, ceux du Barça en premier. Après seulement deux saisons à Lyon – qu’il a terminées à chaque fois dans la peau du meilleur latéral gauche de Ligue 1 –, le joueur formé entre le PSG et Le Havre semble prêt à relever le challenge proposé par Zizou. Mais succéder à Marcelo ne sera pas chose aisée pour le joueur de 24 ans. Encore au Havre il y a deux ans (il avait terminé dans l’équipe type de la saison dès sa première saison complète au HAC), le gamin des Yvelines connaît une ascension fulgurante malgré une certaine discrétion qui tranche avec son explosivité sur le terrain.

Ferland veut devenir grand

S’il est encore souvent irrégulier, Mendy présente un profil qui correspond au poste laissé vacant par Marcelo. Ultrarapide et bon dribbleur, l’ancien Havrais devrait apporter la verticalité tant souhaitée par Zidane. Surtout, sa force athlétique et sa capacité à déborder en font un suppléant crédible du Brésilien aux yeux du coach français. Dans le système du Real Madrid, renforcé cet été par un recrutement déjà bien entamé (Éder Militão, Luka Jović et Eden Hazard), Mendy pourrait encore davantage progresser, notamment en matière d’efficacité. Passeur décisif à seulement sept reprises lors de ses deux saisons à Lyon, le gaucher sait que c’est un secteur dans lequel il possède une bonne marge de progression. Mais dans une équipe où la maîtrise du jeu est une autre paire de manches qu’à l’OL, le Français pourrait s’éclater. Toujours prompt à bouffer la ligne, multiplier les une-deux et rentrer dans l’axe tant que faire se peut, il correspond à ce que Zidane réclame de ses latéraux. Coéquipier de Roberto Carlos puis entraîneur de Marcelo, l’entraîneur français sait ce qu’il veut.
Restent ses errements défensifs, symbolisés par des erreurs d’alignement et des fautes stupides qui montrent que son adaptation au haut niveau est loin d’être gagnée. Mais après tout, Roberto Carlos et Marcelo étaient-ils les plus rassurants défensivement ?

Par Maxime Renaudet

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