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Mondial U20, finale : Ukraine-Corée du Sud, comment en est-on arrivé là ?

Inutile de chercher ce que les deux derniers vainqueurs de la compétition ont fait lors de cette 22e édition, puisque les Serbes et les Anglais, respectivement sacrés en 2015 et 2017, n’étaient pas du rendez-vous. La Serbie ne s’est même pas qualifiée pour l’Euro U19 qui permet aux nations européennes d’obtenir leur ticket pour la Coupe du monde ; et l’Angleterre de Nathaniel Chalobah a échoué lors d’un match de play-off perdu 3-0 contre la Norvège. Le Brésil et l’Allemagne, deux autres habituels favoris, n’étaient pas non plus de la partie. Les Auriverde, pourtant cinq fois champions du monde U20, se sont littéralement vautrés lors de la Copa América U20 en terminant avant-derniers du groupe final qui devait leur permettre de rallier la Pologne. Quant aux Allemands, ils ont vécu le même sort que les Serbes en ne se qualifiant pas pour l’Euro U19. Ainsi, sans ces quatre grosses écuries, ce Mondial U20 s’annonçait bien plus ouvert qu’à l’accoutumée. L’Ukraine et la Corée du Sud ont su alors en profiter.

La foire du trône

S’il était difficile de prédire un favori avant la compétition, la France, l’Italie, le Portugal et l’Argentine avaient de sacrés atouts à faire valoir. Mais comme souvent, les choses ne se sont pas passées comme prévu. Les hommes de Bernard Diomède, qui avaient remporté leurs trois matchs de poules, se sont effondrés contre les États-Unis en huitièmes de finale alors qu’ils menaient au score à un quart d’heure de la fin. Déçus et frustrés, les Portugais peuvent l’être aussi. Emmenés par Diogo Dalot ou Rafael Leão, ils se sont fait éliminer dès les poules malgré une victoire contre la Corée du Sud lors de la première journée. Bah ouais, fallait pas perdre contre l’Argentine (0-2) et faire nul contre l’Afrique du Sud (1-1).

Également outsider de cette compétition, l’Argentine s’est fait surprendre par le Mali en huitièmes de finale. L’Albiceleste a encaissé un but à la 121e minute de jeu avant de se faire éjecter du Mondial lors de la séance de tirs au but (2-2, 4-5 tab). Enfin, troisième de la dernière édition, l’Italie a dû se contenter de la quatrième place, battue vendredi par l’Équateur (0-1 ap). Les joueurs de Paolo Nicolato se sont en effet inclinés en demi-finale contre l’Ukraine après que leur but égalisateur a été injustement refusé par la VAR (0-1). Dans l’autre demi-finale, la Corée du Sud a disposé de l’Équateur (1-0 là aussi), offrant ainsi au public une finale absolument inédite.

Dépucelage en règle

Ce samedi à Lodz (18h), l’Ukraine et la Corée du Sud vont donc disputer leur première finale mondiale. Si leur présence est étonnante, elle n’est pas tout à fait due au hasard. En effet, les Ukrainiens ont été demi-finalistes de l’Euro U19 l’année dernière après avoir fini devant la France et l’Angleterre à l’issue de la phase de groupes. De plus, les Ukrainiens présents en Pologne se connaissent par cœur puisqu’ils jouent ensemble depuis cinq ans. Si le sélectionneur Oleksandr Petrakov prétend n’avoir aucune star dans son effectif, il peut néanmoins compter sur des joueurs de qualité, comme le gardien du Real Madrid Andriy Lunin, Vladyslav Supryaha, suivi de près par la Roma ou Manchester City, ou bien Danylo Sikan, buteur à quatre reprises lors du tournoi. Les Ukrainiens auront également l’avantage du terrain, puisque leurs supporters se sont déplacés en masse en Pologne.
Bourreau du Japon, du Sénégal et de l’Équateur, la Corée du Sud est devenue la première équipe masculine du pays à atteindre une finale mondiale. Mieux, si les Sud-Coréens l’emportent ce samedi, ils deviendront la première équipe asiatique à remporter une Coupe du monde U20. Pour ce faire, ils se reposeront sur une rigueur tactique qui a déjà largement fait ses preuves depuis le début de la compétition. Ils compteront également sur leur maître à jouer Lee Kang-in, joueur de Valence et déjà auteur de quatre passes décisives grâce à un pied gauche insolent qui pourrait faire très mal à la défense ukrainienne.

Par Maxime Renaudet

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