lundi , août 19 2019

« Si nous ne remplissons pas nos stades, difficile de demander un salaire égal »

« Parfois, je peux encore entendre sa voix forte alors qu’elle me traîne dans la voiture pour aller à l’entraînement ». L’Anglaise Fran Kirby a perdu sa mère à 14 ans. Gagner le Mondial, ce serait pour elle et pour les futures générations des « Trois Lionnes ». « Nous voulons laisser le football dans un meilleur état que quand nous avons commencé à jouer, insiste la joueuse de Chelsea de 25 ans. Mais si nous n’arrivons pas à remplir nos stades, ce n’est pas facile de demander un salaire égal ».

« Les Américaines remplissent les stades, elles ont remporté (trois fois) le Mondial, elles peuvent compter sur les meilleures joueuses du monde, donc elles peuvent le faire. Nous devons remporter cette Coupe du monde pour arriver à leur niveau, » explique-t-elle. L’attaquante savoure toutefois le moment. Le football féminin n’a jamais suscité autant d’intérêt en Angleterre. Les sponsors commencent à affluer et Kirby n’arrive même pas à croire qu’elle n’a plus besoin d’acheter souliers et chaussettes. « Il y a quelques années, on devait encore les acheter nous-même, sourit-elle. Ce sont des petits détails qu’on apprécie beaucoup. On est à la fois très humbles et très excitées quand des gens veulent nous soutenir et nous aider ».

« Il manque une pièce »

Il y en a un qui la soutient, c’est son sélectionneur, Phil Neville : « Elle veut devenir la meilleure joueuse du monde et avec l’implication qu’elle montre, elle est capable d’y arriver ». « Il me fait vraiment confiance et je veux lui rendre cette confiance le plus possible. C’est un honneur de l’entendre parler de ses joueuses, » affirme celle qui a guidé Chelsea jusqu’à un doublé Super League/FA Cup en 2017/18, raflant au passage le trophée de joueuse de l’année (en Angleterre) et une nomination pour le Ballon d’Or (qui reviendra finalement à Ada Hegerberg, la Norvégienne de Lyon).

Fran Kirby of England speaks to media ahead of a training session at St Georges Park on May 23, 2019 in Burton-upon-Trent, England

Fran Kirby of England speaks to media ahead of a training session at St Georges Park on May 23, 2019 in Burton-upon-Trent, EnglandGetty Images

Mais c’est dans ces moments-là, où tout devrait aller pour le mieux, que le souvenir de sa mère – Denise, une infirmière psychiatrique, victime d’une hémorragie cérébrale – la submerge. Après le doublé en mai 2018, dans le car qui ramène son équipe de Liverpool, « les filles étaient en feu, chantant, exultant et moi, je pleurais, » a-t-elle confié dans The Players’ Tribune.

« Tout ce que je voulais, c’était passer un appel. Il y avait une seule personne avec qui je voulais partager ce moment. Et je savais que je ne pouvais pas. Me voir tout gagner comme ça, ça aurait été le moment le plus important de sa vie. Je pense à elle tous les jours, mais surtout quand ça va bien. Cela me fait pleurer, » expose-t-elle encore. « C’est comme si ma vie était un puzzle, chaque fois que tout est presque parfait, je me rends compte qu’il manque une pièce… »

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